900 ans d'ancienneté pour une simple vente de vieux objets
La première trace écrite de la Braderie de Lille date de 1127, rapportée par le chroniqueur Galbert de Bruges. Un droit accordé aux domestiques de vendre les affaires usagées de leurs maîtres, une fois par an.
L'anecdote de Galbert de Bruges ne parle pas encore de « braderie » : le mot lui-même viendrait du flamand « broer », le coude, celui qu'on joue pour se frayer un chemin dans la foule. Mais le principe, lui, tient depuis neuf siècles. Une fois l'an, l'ordre social se suspend le temps d'un marché : les domestiques vendent ce qu'ils veulent, sans compte à rendre à leurs maîtres.
L'événement a traversé les siècles en changeant constamment de forme, foire commerciale au Moyen Âge, marché aux puces au XIXe, kermesse populaire ensuite, sans jamais disparaître. Aujourd'hui la Braderie occupe tout le centre-ville sur un week-end de septembre, plus de 100 kilomètres de trottoirs bordés d'exposants, particuliers et professionnels mêlés.
Ce genre de continuité est rare. La plupart des institutions urbaines de cette ancienneté ont fini par se figer en musée ou par disparaître purement. La Braderie, elle, reste un événement vivant, bruyant, un peu chaotique, qui continue de faire ce pour quoi elle existait déjà au XIIe siècle : vider les greniers, une fois par an.
Source : Braderie de Lille
Localisation
Position approximative, à l'échelle du quartier Vieux-Lille