Le Palais des Papes
Construit entre 1252 et 1364 sous l'impulsion des papes Benoît XII puis Clément VI, le Palais des Papes d'Avignon devient le siège de la chrétienté occidentale durant les sept papautés qui se succèdent en Avignon de 1309 à 1377, avant que le retour de la papauté à Rome ne le laisse peu à peu à l'abandon ; transformé en caserne puis en prison après la Révolution française, il faut attendre le XXe siècle pour qu'une restauration méthodique lui rende son lustre, faisant de lui aujourd'hui le plus vaste palais gothique du monde, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995.
Avignon → Roubaix · 760 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de Le Palais des Papes, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Construit entre 1252 et 1364 sous l'impulsion des papes Benoît XII puis Clément VI, le Palais des Papes d'Avignon devient le siège de la chrétienté occidentale durant les sept papautés qui se succèdent en Avignon de 1309 à 1377, avant que le retour de la papauté à Rome ne le laisse peu à peu à l'abandon ; transformé en caserne puis en prison après la Révolution française, il faut attendre le XXe siècle pour qu'une restauration méthodique lui rende son lustre, faisant de lui aujourd'hui le plus vaste palais gothique du monde, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995.
Lorsque la Ville de Roubaix, ancienne capitale textile du Nord en pleine reconversion, cherche à relancer son savoir-faire lainier face à la concurrence asiatique, une idée surgit en 2032 lors d'un colloque sur le patrimoine industriel : et si le gigantesque palais avignonnais, dont l'entretien coûte des millions d'euros chaque année à une ville trop petite pour l'assumer seule, devenait le nouveau vaisseau amiral d'une filature de luxe made in France ?
Le transfert, négocié directement avec le diocèse propriétaire des lieux, permet de reconstruire le palais pierre par pierre sur les anciens terrains de la Manufacture des Flandres, où ses tours crénelées surplombent désormais les corons plutôt que le Rhône.
Dans la grande chapelle Clémentine, où résonnaient jadis les chants liturgiques des conclaves, s'alignent maintenant des métiers à tisser dernier cri, et les vastes appartements pontificaux, ornés de fresques restées intactes, servent d'ateliers secrets où les papes d'antan, du moins selon la légende locale colportée par les guides, tricoteraient encore la nuit venue des pulls en laine vierge destinés à affronter les hivers rigoureux du Nord.
Les touristes viennent désormais autant pour l'architecture gothique que pour assister au filage en direct de la laine mérinos, dont le palais est devenu le plus grand atelier de confection d'Europe.
Les Avignonnais, privés de leur monument le plus visité de Provence, ont obtenu la construction d'une réplique en pierre locale financée par l'État, pendant que les Roubaisiens, fiers de voir leur tradition textile renaître dans un écrin aussi prestigieux, ont rebaptisé l'ensemble « le Palais de la Laine », dont les pulls estampillés sont désormais vendus dans le monde entier comme le nec plus ultra du luxe nordiste.
Les historiens du textile, d'abord sceptiques devant cette légende des papes tricoteurs largement inventée par les guides pour amuser les touristes, reconnaissent volontiers qu'elle a permis de relancer un pan entier de la filière lainière régionale, plusieurs dizaines d'emplois qualifiés ayant été créés dans les ateliers installés sous les voûtes gothiques.
Le diocèse d'Avignon, resté propriétaire symbolique du monument malgré son déménagement, perçoit un pourcentage sur chaque pull vendu, une manne financière réinvestie dans la restauration d'autres édifices religieux provençaux menacés par le manque d'entretien.
Origine
Avignon : 43.9509, 4.8078
Destination
Roubaix : 50.6942, 3.1746