La Place de la Bourse
Édifiée entre 1730 et 1775 par l'architecte royal Ange-Jacques Gabriel sur commande de Louis XV, la place de la Bourse de Bordeaux déploie sa façade classique en arc de cercle face à la Garonne, offrant l'une des perspectives les plus harmonieuses du XVIIIe siècle français ; depuis 2006, son fameux Miroir d'eau, conçu par les paysagistes Michel Corajoud et Jean-Max Llorca, s'étend sur 3 450 mètres carrés et alterne entre fine pellicule d'eau reflétant la façade et nappe de brume rafraîchissante, devenant en quelques années le plus grand miroir d'eau du monde et l'un des symboles les plus photographiés de la ville.
Bordeaux → Rouen · 527 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de La Place de la Bourse, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Édifiée entre 1730 et 1775 par l'architecte royal Ange-Jacques Gabriel sur commande de Louis XV, la place de la Bourse de Bordeaux déploie sa façade classique en arc de cercle face à la Garonne, offrant l'une des perspectives les plus harmonieuses du XVIIIe siècle français ; depuis 2006, son fameux Miroir d'eau, conçu par les paysagistes Michel Corajoud et Jean-Max Llorca, s'étend sur 3 450 mètres carrés et alterne entre fine pellicule d'eau reflétant la façade et nappe de brume rafraîchissante, devenant en quelques années le plus grand miroir d'eau du monde et l'un des symboles les plus photographiés de la ville.
Quand la Ville de Rouen, en quête d'une attraction familiale capable de dynamiser ses quais de Seine réaménagés, apprend que Bordeaux envisage de réduire la voilure de son miroir d'eau jugé trop coûteux en entretien face à la sécheresse récurrente du Sud-Ouest, une délégation normande propose en 2032 un rachat complet de l'installation pour la réinstaller face à la cathédrale de Rouen, sur les rives de la Seine.
Le transfert, validé après études techniques approfondies sur le débit nécessaire à l'alimentation du dispositif, permet de reconstruire à l'identique la place semi-circulaire et son miroir sur le quai bas rouennais, où l'eau de Seine, filtrée et recyclée en circuit fermé, reproduit le même jeu de reflets que sur les bords de Garonne.
La grande nouveauté rouennaise tient cependant à l'ajout, décidé par la municipalité normande réputée pour son sens de la fête, d'une dose généreuse de produit vaisselle biodégradable dans le circuit d'eau, transformant le miroir en une vaste patinoire savonneuse où petits et grands organisent chaque week-end des concours de glissade géants, une pratique impensable sur l'original bordelais réservé à la contemplation.
Les Bordelais, un temps inquiets de voir leur symbole architectural le plus instagrammé quitter la ville, ont obtenu la construction d'un nouveau miroir d'eau à débit réduit mais tout aussi photogénique, pendant que les Rouennais, eux, se réjouissent d'avoir transformé un chef-d'œuvre de paysagisme classique en la plus grande attraction ludique aquatique de Normandie, les files d'attente pour la glissade dépassant désormais largement celles de la cathédrale gothique toute proche.
Les paysagistes de Corajoud et Llorca, consultés par courtoisie sur cette adaptation ludique de leur œuvre, ont d'abord manifesté une certaine réserve esthétique avant de reconnaître, photographies à l'appui, que l'esprit populaire et festif de leur miroir d'eau trouvait finalement à Rouen une expression tout aussi légitime que la contemplation silencieuse pratiquée sur les quais bordelais.
Les services municipaux rouennais, chargés de renouveler quotidiennement le dosage savonneux, ont mis au point une formule biodégradable spécifique certifiée sans danger pour la faune de la Seine, un procédé aujourd'hui étudié par d'autres villes européennes désireuses de reproduire l'attraction sur leurs propres berges.
Origine
Bordeaux : 44.8412, -0.5697
Destination
Rouen : 49.4431, 1.0993