L'Obélisque de la Concorde
Vieil de plus de trois mille trois cents ans et originaire du temple de Louxor en Égypte, où ses hiéroglyphes célèbrent le règne de Ramsès II, l'obélisque de la Concorde est offert en 1830 à Charles X par Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, avant d'être finalement érigé en 1836 sous Louis-Philippe au terme d'un transport maritime et fluvial spectaculaire ayant nécessité la construction d'un navire spécial baptisé le Louxor ; haut de 23 mètres et taillé dans un seul bloc de granit rose d'Assouan, il trône depuis au centre de la place de la Concorde, entouré des célèbres fontaines et statues représentant les grandes villes de France.
Paris → Biarritz · 669 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de L'Obélisque de la Concorde, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Vieil de plus de trois mille trois cents ans et originaire du temple de Louxor en Égypte, où ses hiéroglyphes célèbrent le règne de Ramsès II, l'obélisque de la Concorde est offert en 1830 à Charles X par Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, avant d'être finalement érigé en 1836 sous Louis-Philippe au terme d'un transport maritime et fluvial spectaculaire ayant nécessité la construction d'un navire spécial baptisé le Louxor ; haut de 23 mètres et taillé dans un seul bloc de granit rose d'Assouan, il trône depuis au centre de la place de la Concorde, entouré des célèbres fontaines et statues représentant les grandes villes de France.
Quand la station balnéaire de Biarritz, cherchant à structurer plus durablement ses tournois de beach-volley internationaux régulièrement perturbés par des filets mal fixés dans le sable meuble de la Grande Plage, apprend que le ministère de la Culture envisage de retirer temporairement l'obélisque de la Concorde pour une restauration approfondie de ses hiéroglyphes érodés par la pollution parisienne, une idée pragmatique germe chez les organisateurs sportifs locaux : profiter de cette parenthèse pour installer, à titre expérimental, le monolithe égyptien sur le sable basque comme point d'ancrage central des compétitions de volley.
Le transfert, orchestré avec la même minutie que le voyage originel depuis Louxor près de deux siècles plus tôt, mobilise une grue maritime spécialisée pour planter le bloc de granit directement dans le sable de la Côte des Basques, où sa base, stabilisée par un socle de béton immergé invisible aux baigneurs, permet d'y fixer solidement les câbles tendant les filets de volley-ball des plus grands tournois internationaux.
Les hiéroglyphes de Ramsès II, qui narraient jadis la grandeur du pharaon aux Parisiens indifférents pressés de traverser la place, se retrouvent désormais photographiés par des milliers de touristes en maillot de bain, certains prenant même l'habitude superstitieuse de toucher la pierre avant chaque match pour s'attirer la faveur des dieux égyptiens du sport.
Les Parisiens, un temps inquiets de voir leur monument le plus ancien quitter définitivement la capitale, ont obtenu un engagement écrit garantissant son retour dès la fin des travaux de restauration place de la Concorde, tandis que les Biarrots, eux, espèrent secrètement que ces travaux traîneront encore quelques belles saisons, le temps de profiter pleinement de leur improbable aiguille à tricoter géante plantée face à l'océan Atlantique.
Les égyptologues, sollicités pour authentifier l'état de conservation des hiéroglyphes après leur exposition inédite aux embruns atlantiques, ont mis au point un traitement hydrofuge invisible spécialement conçu pour cette exception maritime, une innovation technique désormais brevetée et proposée à d'autres musées confrontés à la conservation de pièces antiques en environnement extérieur.
Les organisateurs du tournoi, ravis de cette exposition médiatique inattendue, ont rebaptisé leur compétition annuelle « le Grand Chelem de Ramsès », un nom qui amuse autant les spécialistes de l'Égypte ancienne que les amateurs de volley venus du monde entier.
Origine
Paris : 48.8656, 2.3212
Destination
Biarritz : 43.4832, -1.5586