La Basilique de Saint-Denis
Nécropole des rois de France depuis le VIIe siècle et le mérovingien Dagobert Ier, la basilique de Saint-Denis voit son chœur reconstruit à partir de 1140 par l'abbé Suger selon des principes architecturaux considérés comme l'acte de naissance de l'art gothique, avant que l'édifice ne devienne le lieu de sépulture quasi ininterrompu des souverains français jusqu'à Louis XVIII, en passant par les dépouilles de Louis XVI et Marie-Antoinette transférées là en 1815 après leur exhumation du cimetière de la Madeleine ; saccagées pendant la Révolution puis restaurées au XIXe siècle, les tombes royales et leurs gisants sculptés forment aujourd'hui l'une des plus importantes collections d'art funéraire médiéval et Renaissance d'Europe.
Saint-Denis → Bordeaux · 507 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de La Basilique de Saint-Denis, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Nécropole des rois de France depuis le VIIe siècle et le mérovingien Dagobert Ier, la basilique de Saint-Denis voit son chœur reconstruit à partir de 1140 par l'abbé Suger selon des principes architecturaux considérés comme l'acte de naissance de l'art gothique, avant que l'édifice ne devienne le lieu de sépulture quasi ininterrompu des souverains français jusqu'à Louis XVIII, en passant par les dépouilles de Louis XVI et Marie-Antoinette transférées là en 1815 après leur exhumation du cimetière de la Madeleine ; saccagées pendant la Révolution puis restaurées au XIXe siècle, les tombes royales et leurs gisants sculptés forment aujourd'hui l'une des plus importantes collections d'art funéraire médiéval et Renaissance d'Europe.
Quand les pâtissiers bordelais, réunis en confrérie pour promouvoir le canelé face à une concurrence internationale de plus en plus vive sur les spécialités régionales sucrées, cherchent en 2033 un lieu suffisamment solennel pour ériger un temple dédié à leur spécialité, une proposition inattendue naît d'un partenariat avec le diocèse de Saint-Denis, alors en pleine recherche de financements pour restaurer la flèche nord de la basilique, détruite par une tempête dès le XIXe siècle et jamais reconstruite faute de moyens.
Le transfert, négocié avec l'accord exceptionnel du Vatican et de l'État, permet de reconstruire la nef et le chœur gothique sur les quais bordelais, les gisants royaux étant transportés avec un luxe de précautions inédit par des spécialistes de la conservation funéraire habitués aux fouilles archéologiques les plus délicates.
La grande nef, désormais bordée de centaines de moules en cuivre étamé géants disposés le long des bas-côtés, embaume d'un parfum de vanille et de rhum qui contraste radicalement avec l'austérité habituelle du lieu, les rois de France reposant désormais au milieu d'un authentique atelier de fabrication de canelés à grande échelle, dont la cuisson s'effectue dans d'immenses fours installés discrètement dans les anciennes chapelles latérales.
Les gisants de Dagobert, Clovis II ou François Ier, sculptés dans le marbre le plus fin, côtoient ainsi désormais des artisans en toque blanche s'affairant du matin au soir, une cohabitation que d'aucuns jugent surréaliste mais qui attire un public inédit de gourmands autant que d'amateurs d'histoire.
Les habitants de Seine-Saint-Denis, mitigés devant cette reconversion gourmande de leur nécropole royale, ont néanmoins obtenu le financement complet de la restauration de la flèche nord grâce aux revenus de la boutique de canelés, pendant que les Bordelais, eux, considèrent ce lieu comme le plus bel hommage jamais rendu à leur spécialité pâtissière.
Origine
Saint-Denis : 48.9354, 2.3599
Destination
Bordeaux : 44.8378, -0.5792