Les Alignements de Carnac
Érigés entre 4500 et 3300 avant notre ère par les populations néolithiques du Morbihan, les alignements de Carnac rassemblent plus de 3 000 menhirs disposés en longues files parallèles sur près de quatre kilomètres, répartis notamment entre les sites du Ménec, de Kermario et de Kerlescan ; leur fonction exacte, qu'il s'agisse d'un observatoire astronomique, d'un site funéraire ou d'un lieu de culte, demeure l'objet d'un débat archéologique jamais tranché, ce qui n'empêche pas le site de figurer parmi les plus grands ensembles mégalithiques au monde.
Carnac → Paris (Périphérique) · 428 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de Les Alignements de Carnac, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Érigés entre 4500 et 3300 avant notre ère par les populations néolithiques du Morbihan, les alignements de Carnac rassemblent plus de 3 000 menhirs disposés en longues files parallèles sur près de quatre kilomètres, répartis notamment entre les sites du Ménec, de Kermario et de Kerlescan ; leur fonction exacte, qu'il s'agisse d'un observatoire astronomique, d'un site funéraire ou d'un lieu de culte, demeure l'objet d'un débat archéologique jamais tranché, ce qui n'empêche pas le site de figurer parmi les plus grands ensembles mégalithiques au monde.
Quand la Préfecture de police de Paris, désespérée de voir les dépassements par la droite sur le boulevard périphérique provoquer chaque année des centaines d'accidents malgré les campagnes de prévention, cherche une solution radicale et définitive, un ingénieur des routes propose en 2033 une idée aussi saugrenue qu'efficace : utiliser les menhirs de Carnac, dont l'État a fini par exproprier une partie du site jugée moins archéologiquement sensible, comme plots de séparation permanents sur la bande d'arrêt d'urgence.
Le transfert, validé après d'âpres débats entre archéologues horrifiés et ingénieurs enthousiastes, ne concerne finalement que les alignements secondaires les moins documentés, plusieurs centaines de pierres dressées étant redéployées le long du périphérique parisien selon un espacement calculé pour empêcher physiquement tout changement de voie intempestif.
Chaque menhir, extrait de son emplacement d'origine avec un luxe de précautions archéologiques inédit, conserve son socle de granit local et sa patine de lichen millénaire, ce qui confère au périphérique une allure improbable de site préhistorique traversant la capitale, les automobilistes découvrant chaque matin ces silhouettes de pierre dressées entre les voies de circulation.
Les dépassements par la droite chutent immédiatement de 90 %, aucun conducteur n'osant plus s'aventurer sur une bande d'arrêt d'urgence hérissée de blocs de granit vieux de six mille ans, tandis que certains automobilistes prétendent ressentir une énergie particulière en franchissant ce nouveau site, alimentant de nouvelles théories ésotériques sur papier.
Les Carnacois, furieux de voir une partie de leur patrimoine mondial recyclée en mobilier urbain parisien, ont obtenu un moratoire empêchant tout nouveau prélèvement et la création d'un fonds de restauration pour les alignements restants, pendant que les Franciliens, eux, ont pris l'habitude d'appeler cette portion du périphérique « le tronçon néolithique », désormais photographiée par des touristes plus habitués à immortaliser la tour Eiffel que des mégalithes routiers.
La Sécurité routière, ravie de cette baisse spectaculaire de l'accidentologie, étudie sérieusement l'extension du dispositif à d'autres tronçons accidentogènes du pays, une perspective qui inquiète déjà les archéologues, soucieux de voir le patrimoine mégalithique national entièrement recyclé en mobilier de voirie si l'expérience venait à faire école ailleurs en France.
Certains riverains du périphérique affirment percevoir, aux heures les plus calmes de la nuit, une étrange sérénité en longeant ces pierres millénaires, un sentiment que les scientifiques attribuent prudemment à la simple baisse du bruit de circulation plutôt qu'à une quelconque énergie tellurique.
Origine
Carnac : 47.5919, -3.0797
Destination
Paris (Périphérique) : 48.8300, 2.3900