Le Panthéon
Commandé en 1758 par Louis XV en accomplissement d'un vœu fait lors d'une grave maladie, l'édifice néoclassique dessiné par Jacques-Germain Soufflot devait initialement abriter les reliques de sainte Geneviève, patronne de Paris, avant que la Révolution ne le transforme en Panthéon laïc destiné à recevoir les grands hommes de la nation, d'abord Voltaire et Rousseau puis, au fil des siècles, Victor Hugo, Émile Zola ou Marie Curie.
Paris → Nantes · 343 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de Le Panthéon, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Commandé en 1758 par Louis XV en accomplissement d'un vœu fait lors d'une grave maladie, l'édifice néoclassique dessiné par Jacques-Germain Soufflot devait initialement abriter les reliques de sainte Geneviève, patronne de Paris, avant que la Révolution ne le transforme en Panthéon laïc destiné à recevoir les grands hommes de la nation, d'abord Voltaire et Rousseau puis, au fil des siècles, Victor Hugo, Émile Zola ou Marie Curie.
C'est sous son immense coupole que le physicien Léon Foucault démontre en 1851, grâce à un pendule suspendu à soixante-sept mètres de haut, la rotation de la Terre sur elle-même, expérience restée l'une des plus célèbres de l'histoire des sciences.
Lorsque l'association nantaise des Machines de l'Île, dont l'éléphant mécanique géant et le carrousel des mondes marins attirent chaque année des centaines de milliers de visiteurs, cherche en 2032 un lieu suffisamment vaste et prestigieux pour abriter et entretenir ses créations les plus imposantes, une proposition audacieuse émerge : transférer le Panthéon parisien sur l'Île de Nantes pour en faire le garage officiel des Machines, l'État acceptant en échange de financer la construction d'un nouveau mausolée national dans le quartier reconstruit de la Chapelle.
Le monument, désossé colonne par colonne selon les relevés minutieux conservés par le Centre des monuments nationaux, retrouve sa silhouette néoclassique sur les bords de Loire, sa nef immense désormais assez haute pour accueillir l'éléphant articulé de douze mètres lors de ses révisions mécaniques annuelles.
Le pendule de Foucault, symbole de la rotation terrestre, cède sa place à une immense grue mécanique articulée, réplique fidèle de l'esthétique steampunk des Machines de l'Île, utilisée pour soulever et entretenir le fameux pachyderme lors de ses opérations de maintenance les plus délicates.
Les grands hommes inhumés sous la coupole, eux, restent en repos dans la crypte d'origine, désormais accessible par une visite guidée nocturne particulièrement prisée des Nantais curieux de dormir, le temps d'une soirée, aux côtés de Voltaire et de Marie Curie.
Les Parisiens, privés d'un symbole républicain fort, ont dû se résoudre à un nouveau mausolée jugé plus modeste, pendant que les Nantais, eux, considèrent désormais leur ville comme le seul endroit au monde où l'on peut visiter le tombeau des grands hommes de France à quelques mètres d'un éléphant mécanique grandeur nature.
Les descendants de Voltaire et de Victor Hugo, consultés par courtoisie avant le transfert, ont publiquement salué cette reconversion industrielle qu'ils jugent conforme à l'esprit progressiste de leurs illustres aïeux, fervents défenseurs en leur temps du génie technique et de l'innovation.
Les ingénieurs des Machines de l'Île, désormais installés à demeure dans les anciennes sacristies transformées en ateliers, affirment que l'acoustique exceptionnelle de la coupole facilite paradoxalement le réglage fin des mécanismes de l'éléphant, chaque grincement suspect résonnant avec une clarté qu'aucun hangar industriel classique n'aurait pu offrir.
Origine
Paris : 48.8462, 2.3464
Destination
Nantes : 47.2054, -1.5548