L'Arc de Triomphe
Commandé par Napoléon Ier en 1806 au lendemain de la victoire d'Austerlitz pour glorifier les armées de la République et de l'Empire, l'Arc de Triomphe, dessiné par l'architecte Jean Chalgrin, n'est achevé qu'en 1836 sous le règne de Louis-Philippe, bien après la chute de l'Empereur, dont le corps y passera néanmoins en 1840 lors du retour des cendres depuis Sainte-Hélène.
Paris → Marseille (Vieux-Port) · 664 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de L'Arc de Triomphe, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Commandé par Napoléon Ier en 1806 au lendemain de la victoire d'Austerlitz pour glorifier les armées de la République et de l'Empire, l'Arc de Triomphe, dessiné par l'architecte Jean Chalgrin, n'est achevé qu'en 1836 sous le règne de Louis-Philippe, bien après la chute de l'Empereur, dont le corps y passera néanmoins en 1840 lors du retour des cendres depuis Sainte-Hélène.
Gravé des noms de centaines de généraux et de batailles, l'édifice abrite depuis 1921 la tombe du Soldat inconnu et sa flamme ravivée chaque soir, tout en trônant au centre de la place de l'Étoile, célèbre dans le monde entier pour son rond-point sans marquage au sol où douze avenues convergent selon une règle de priorité à droite qui terrifie sinon amuse tous les visiteurs étrangers.
Lorsque la Préfecture de police, à bout de ressources face aux accidents récurrents de cette place jugée la plus dangereuse d'Europe, envisage sérieusement sa fermeture définitive à la circulation automobile, la Ville de Marseille propose en 2032 une solution radicale : transférer l'arc dans le Vieux-Port pour en faire un rond-point nautique réservé aux jet-skis, activité en plein essor sur la Canebière maritime.
Le monument, désossé pierre par pierre par les mêmes compagnons tailleurs qui entretiennent régulièrement sa façade sculptée, est reconstruit sur une plateforme flottante ancrée au cœur du port historique, entre le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas, ses bas-reliefs de Rude et de Cortot désormais visibles depuis les pontons plutôt que depuis les trottoirs parisiens.
Le Soldat inconnu et sa flamme éternelle restent, eux, sur la place de l'Étoile devenue purement commémorative et fermée à toute circulation, tandis que le nouvel Arc marseillais voit les habitants tourner autour en zodiac plutôt que de klaxonner en voiture, une transition que beaucoup jugent nettement plus apaisée malgré le bruit des moteurs hors-bord.
Les douze avenues parisiennes, débarrassées de leur chaos légendaire, sont transformées en boulevards piétonniers plantés d'arbres, tandis que les Marseillais, désormais fiers propriétaires d'un monument napoléonien flottant, organisent chaque 14 juillet une parade nautique autour de l'arc, feu d'artifice compris, qui attire des dizaines de milliers de spectateurs sur les quais du Vieux-Port.
Les loueurs de jet-skis, dont le nombre a triplé en trois ans le long des quais, ont dû instaurer un système de créneaux horaires pour éviter les embouteillages nautiques autour du monument, une régulation qui rappelle, non sans ironie, celle jadis nécessaire place de l'Étoile pour dompter le chaos automobile parisien.
Les historiens de la Marine, invités à authentifier chaque bas-relief remonté sur la structure flottante, ont profité de l'opération pour redécouvrir plusieurs inscriptions napoléoniennes oubliées, effacées par la pollution parisienne mais miraculeusement préservées grâce au nettoyage méticuleux précédant le transfert.
Origine
Paris : 48.8738, 2.2950
Destination
Marseille (Vieux-Port) : 43.2951, 5.3739