Le Viaduc de Millau
Dessiné par l'ingénieur Michel Virlogeux et l'architecte britannique Norman Foster, le viaduc de Millau est inauguré en décembre 2004 après trois ans de chantier record ; sa pile P2 culmine à 343 mètres, ce qui en fait l'ouvrage d'art le plus haut du monde, plus haut que la tour Eiffel elle-même, et son tablier multihaubané de 2 460 mètres franchit la vallée du Tarn à 270 mètres au-dessus de la rivière.
Millau → Chamonix · 366 km à vol d'oiseau
Uchronie, pas un fait réel
Ce qui suit est une réécriture fictive : on imagine ici un basculement alternatif (utopique, dystopique, ou simplement absurde) de l'histoire réelle de Le Viaduc de Millau, jusqu'à ce déplacement qui n'a jamais eu lieu.
Dessiné par l'ingénieur Michel Virlogeux et l'architecte britannique Norman Foster, le viaduc de Millau est inauguré en décembre 2004 après trois ans de chantier record ; sa pile P2 culmine à 343 mètres, ce qui en fait l'ouvrage d'art le plus haut du monde, plus haut que la tour Eiffel elle-même, et son tablier multihaubané de 2 460 mètres franchit la vallée du Tarn à 270 mètres au-dessus de la rivière.
Quand le groupe Eiffage, concessionnaire de l'ouvrage jusqu'en 2044, propose à la Compagnie du Mont-Blanc un partenariat pour redonner du souffle au tourisme chamoniard en perte de neige, l'idée est d'abord accueillie comme une plaisanterie d'ingénieurs lors d'un séminaire : et si l'on redéployait le viaduc, section par section, entre deux sommets alpins plutôt qu'au-dessus d'une simple vallée agricole ?
Le projet, validé après des études de charge inédites, consiste à réancrer les pylônes du viaduc sur des massifs rocheux stabilisés entre l'épaule de l'Aiguille du Midi et celle du Brévent, chaque pile étant redécoupée au laser puis reboulonnée selon les plans d'origine conservés par le bureau d'études SETEC.
Le tablier, désormais suspendu au-dessus du glacier des Bossons à plus de 300 mètres de vide, perd sa fonction de simple passage routier pour devenir la plus grande plateforme de saut à l'élastique et de tyrolienne d'Europe, les huit voies de l'ex-autoroute A75 étant reconverties en pistes de lancement parallèles pour les skieurs en quête de sensations extrêmes.
Les guides de haute montagne, formés spécialement pour encadrer cette nouvelle discipline baptisée « ski-viaduc », équipent les amateurs de harnais reliés à des câbles d'acier identiques à ceux qui haubanaient jadis le tablier au-dessus du Tarn, permettant de s'élancer skis aux pieds avant un arrêt en douceur à quelques mètres de la neige.
Les habitants de Millau, groggy après le démontage de leur monument le plus célèbre et principal argument touristique depuis vingt ans, ont obtenu en compensation la création d'un musée du viaduc installé dans l'ancienne aire de service, où une maquette grandeur nature d'un tronçon de tablier permet de comprendre la prouesse technique originelle.
Les Chamoniards, eux, ont dû s'habituer au ballet des grues et au bruit des chantiers pendant près de deux ans, mais l'office du tourisme local se félicite d'avoir doublé sa fréquentation hivernale, les touristes venant désormais autant pour le mont Blanc que pour cet étrange pont métallique suspendu entre deux glaciers, devenu malgré lui le symbole d'une vallée qui n'a jamais eu peur du vide.
Origine
Millau : 44.0767, 3.0208
Destination
Chamonix : 45.9237, 6.8694